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Je suis un pâle enfant du vieux Paris...

Je suis un pâle enfant du vieux Paris, et j'ai
Le regret des rêveurs qui n'ont pas voyagé.
Au pays bleu mon âme en vain se réfugie,
Elle n'a jamais pu perdre la nostalgie
Des verts chemins qui vont là-bas, à l'horizon.
Comme un pauvre captif vieilli dans sa prison
Se cramponne aux barreaux étroits de sa fenêtre
Pour voir mourir le jour et pour le voir renaître.
Ou comme un exilé, promeneur assidu,
Regarde du coteau le pays défendu
Se dérouler au loin sous l'immensité bleue,
Ainsi je fuis la ville et cherche la banlieue.
Avec mon rêve heureux j'aime partir, marcher
Dans la poussière, voir le soleil se coucher
Parmi la brume d'or, derrière les vieux ormes,
Contempler les couleurs splendides et les formes
Des nuages baignés dans l'occident vermeil,
Et, quand l'ombre succède à la mort du soleil,
M'éloigner encor plus par quelque agreste rue
Dont l'ornière rappelle un sillon de charrue,
Gagner les champs pierreux, sans songer au départ,
Et m'asseoir, les cheveux au vent, sur le rempart.

Au loin, dans la lueur blême du crépuscule,
L'amphithéâtre noir des collines recule,
Et, tout au fond du val profond et solennel
Paris pousse à mes pieds son soupir éternel.
Le sombre azur du ciel s'épaissit. Je commence
A distinguer des bruits dans ce murmure immense,
Et je puis, écoutant, rêveur et plein d'émoi,
Le vent du soir froissant les herbes près de moi,
Et parmi le chaos des ombres débordantes,
Le sifflet douloureux des machines stridentes,
Ou l'aboiement d'un chien, ou le cri d'un enfant,
Ou le sanglot d'un orgue au lointain s'étouffant,
Ou le tintement clair d'une tardive enclume,
Voir la nuit qui s'étoile et Paris qui s'allume--------------------------------GROS BISOUS MON CHER AMI.GIORGIA MERCI POUR TES PPS.

Sept. 22
 
ROBERT MON CHER COMMENT VAS TU?GROS BISOUS.GIORGIA.CIAO
Sept. 7
Joumana Haddad
Titolo: Duetto
- Tes yeux ont tissè une lumière étrange dans mon regard...
- C'est que tu as réveillè le bois et les marins du bois.
- Il fait bleu. Où suis-je?
- Dans mes bras. Là où ta rivière prend feu.
- Et cette lune sur mon cou?
- C'est ma nuit qui veut sceller ta peau.
- Commencement?
- Commencements.
- Et pourquoi éclos-tu les paupières closes?
- Pour mieux voir ta hâte éclabousser mon attente. Pour entendre nos lèvres décoller.
- Toi et moi, vol de cris.
- Toi et moi, ailes migratrices du poème.
- Je serai pour toi l'oiseau et le chasseur.
- Tu ne me vaincras pas: je m'offrirai à ton fusil.
- Je le planterai dans ton cœur jusqu'à la conquête.
- Ce n'est qu'en perdant qu'on mérite le voyage.
- Comment arriver? Tu as le corps nombreux de l'illusion.
- Pourquoi arriver? Sois la main durable des fantasmes.
- Tes cuisses, portails du purgatoire des paresseux.
- Mes cuisses, barreaux de la prison qui libère.
- Femme j'ai soif, verse-toi.
- Que tes noms t'abreuvent: ils perlent sur mes lèvres.
- Je laisserai les pécheurs venir à toi.
- Mais le violon reste verrouillè. Sauras-tu le déboutonner?
- j'apprendrai. Je le secouerai tel un arbre jusqu'à faire couler toutes ses musiques sur ma langue. Je le travaillerai comme l'artisan son or, comme le dépravè sa damnation.
Je l'apprendrai.
- Et tu me feras tienne, brigand?
- Sans cesse et jamais.
- J'aime le frisson que tu arracheras de ma gorge.
- Alors viens. Le vin recule sans toi.------------------------------ROBERT COMMENT VAS TU????????????????? GROS BISOUS.GIORGIA CIAO
Aug. 26
SIRENE 26wrote:
sanstitrehaj.png
 
Merci Robert pour tout - et bravo  pour  Gigi et toi....
Soyez heureux longtemps !!!
Bisous
 
Aug. 19
Jacques Prévert
Titolo: L'organo di Barberia
 
Moi je joue du piano sait l'un
moi je joue du violon
disait l'autre
moi de la harpe moi du banjo
moi du violoncelle
moi du biniou... moi de la flûte
et moi de la crécelle.
Et les uns et les autres parlaient parlaient
parlaient de ce qu'ils jouaient
On n'entendait pas la musique
tout le monde parlait
parlait parlait
personne ne jouait
mais dans un coin un homme se taisait:
"Et de quel instrument jouez-vous Monsieur
qui vous taisez et qui ne dites rien?"
lui demandèrent les musiciens
"Moi je joue de l'orgue de Barbarie
et je joue du couteau aussi"
dit l'homme qui jusqu'ici
n'avait absolument rien dit
et puis il s'avança le couteau à la main
et il tua tous les musiciens
et il joua de l'orgue de Barbarie
et sa musique était si vraie
et si vivante et si jolie
que la petite fille du maître de la maison
sortit de dessous le piano
où elle était couchée
endormie par ennui
et elle dit:
"Moi je jouais au cerceau
à la balle au chasseur
je jouais à la marelle
je jouais avec un seau
je jouais avec une pelle
je jouais au papa et à la maman
je jouais à chat perché
je jouais avec mes poupées
je jouais avec une ombrelle
je jouais avec mon petit frère
avec ma petite soeur
je jouais au gendarme
et au voleur
mais c'est fini fini fini
je veux jouer à l'assassin
je veux jouer de l'orgue de Barbarie."
Et l'homme prit la petite fille par la main
et ils s'en allèrent dans les villes
dans les maisons dans les jardins
et puis ils tuèrent le plus de monde possible
après quoi ils se marièrent
et ils eurent beaucoup d'enfants.
Mais
l'aînè apprit le piano
le second le violon
le troisième la harpe
le quatrième la crécelle
le cinquième le violoncelle
et puis ils se mirent à parler parler
parler parler parler
on n'entendit plus la musique
et tout fut à recommencer!

Robert mon cher comment vas tu? merci pour tes pps superbe! gros bisous et bonne soiree.Giorgia ciao
Aug. 18